Site historique de Vendenesse-lès-Charolles

 

De 1879 à 1961

Au cœur du Charolais, les Fours à chaux peuvent surprendre… Situés au fond de la vallée de la Semence, dans un milieu fortement marqué par le bocage, trois majestueuses cheminées en briques, d’une hauteur de plus de vingt mètres, se dressent, témoignant d’un exemple rare du patrimoine industriel des XIXe et XXe siècles.

Historique :

Les fours à chaux, au nombre de quatre à l'origine, ont été construits entre 1879 et 1881 par la Compagnie des fours à chaux des Dombes (une société qui regroupe les fours de Bourg en Bresse approvisionnés par les carrières de la Ramasse et les fours à chaux de Vendenesse).
Lazare Mangini, émigré italien, industriel lyonnais très proche de Marc Seguin, est à l’origine du projet. Afin de bénéficier de la loi du 12 juillet 1865 qui permet aux départements de créer des CFIL (Chemin de Fer d’Intérêt Local), Lazare Mangini apporte un capital de 4 millions de francs pour créer « la Compagnie Mangini et Fils » associant ainsi avec lui ses deux fils : Félix et Lucien. Il se voit concéder l’exécution et l’exploitation de la ligne de chemin de fer passant par Vendenesse-Lès-Charolles.
C’est en créant cette ligne de chemin de fer, en 1870, que Lazare Mangini découvre,  au lieu-dit « les buissons à viande » sur la commune de Vendenesse, des terrains dont le sous sol était très riche en pierres calcaires de bonne qualité.

L’installation des fours à chaux est due à la présence de trois facteurs favorables :

  1. Une matière première de bonne qualité : le banc de calcaire « gris bleuté »
  2. L’installation de la voie de chemin de fer qui permet d’acheminer le charbon (le combustible) des mines de Blanzy/Montceau les mines jusqu’au site et ensuite d’évacuer la chaux produite
  3. Une région d’utilisation : les terrains acides sur sous sol granitique et gréseux qu’il est nécessaire de chauler

Fonctionnement :

Le calcaire était extrait à la carrière par les ouvriers pendant deux campagnes de trois mois (de décembre à janvier et de juin à septembre). Les ouvriers utilisaient de la dynamite pour faire exploser les bancs de pierre calcaire. Ensuite, c’est avec des pioches et barres à mine qu’ils éclataient la pierre pour la casser.
A la fin de leur campagne d’extraction, ils chargeaient la pierre calcaire calibrée dans des wagonnets basculant tirés par un cheval. Les ouvriers déversaient la pierre dans les fours par les gueulards en respectant les rapports préconisés : 1/3 de charbon et 2/3 de pierres calcaires sur une hauteur de 10 mètres environ. La mise à feu était ensuite effectuée à la base de chaque four avec de la paille, des fagots de bois et du charbon. La température atteignait 1000° et la chaleur était maintenue par un système de briques réfractaires.
La cuisson du calcaire CaCO3 permet d’obtenir la chaux vive CaO par la perte d’une molécule de gaz carbonique CO2 .
Le savoir faire du chaufournier lui permet de reconnaitre la bonne cuisson de la pierre calcaire au bruit plus mat et à la couleur plus foncée.
La pierre calcaire, après cuisson, est appelée chaux vive. Elle est récupérée à la base des fours par un système de grilles. Elle peut être vendue sous forme de pierres (chaux vive). Sinon, les ouvriers emportaient la chaux vive vers la bluterie (hangar de transformation) où elle était arrosée se transformant en poudre blanche (chaux éteinte). Celle-ci est ensuite passée au tamis afin d’être conditionnée en sacs pour la vendre.

Chaux éteinte

Utilisation :

Les Fours à Chaux produisent environ 1000 tonnes de chaux par an. La production est principalement à usage agricole. Elle sert à l’amendement et au chaulage des terres : on la déverse dans les prés pour enlever l’acidité des sols. La chaux est utilisée par les paysans pour désinfecter les écuries, les étangs, les lavoirs et les maisons. On entoure également les bêtes mortes de chaux pour éviter la putréfaction des corps. On conserve aussi les aliments dans celle-ci (œufs de ferme, charcuterie…).

Fermeture du site :

La voie de chemin de fer permet d’écouler la production. Sa fermeture, en 1953, compromet sa diffusion, des camions sont alors utilisés mais ce mode de transport est moins rentable. De plus, l’arrivée des engrais chimiques concurrence directement l’usage de la chaux. Ainsi, la production s’arrête en 1961.